
Depuis que je suis petite, je suis considérée comme une « grosse dormeuse ». Certes, j’ai bien fait mes nuits quand j’étais bébé, m’a-t-on raconté. Ce petit enfant modèle sur le plan du sommeil s’est ensuite transformé en une fillette puis une adolescente anxieuse et aux multiples projets émergeant… à l’heure du coucher. En pleine activité cognitive, ou dans un monde qui n’appartenait qu’à moi, l’endormissement était compliqué mais personne ne le savait. Le matin, je me suis toujours réveillée un peu fatiguée ou plutôt jamais complètement en forme au saut du lit. J’avais aussi cette capacité à me rendormir jusque 10h après avoir passé une mauvaise nuit, devenant donc connue pour mes « grasses matinées ». La « grosse dormeuse pas du matin » était née.
Par la suite, bien que très active en journée et ne supportant pas l’ennui ou l’absence d’activité, je suis passée de « grosse dormeuse » à « ayant besoin de sommeil et vite fatiguée ». J’ai donc lutté contre cette image de quelqu’un qui se fatigue vite en ne me plaignant jamais, en ne m’arrêtant pas, en affichant toujours le sourire même quand objectivement j’avais juste envie de me replier sous mes couvertures. Ma santé devait préoccuper mes parents dont j’étais la fille unique et le moindre rhume devenait une source d’inquiétude pour eux.
Deux attitudes ont donc émergé au fil du temps : celle de quelqu’un qui ne se plaint pas, qui prend des médocs pour éviter d’être malade, qui ne supporte pas d’être diminué car ça en ferait quelqu’un de fatigué, peu énergique et, selon ma vision des choses, paresseux. Aujourd’hui encore, je ferais tout pour ne jamais recevoir ce qualificatif, être paresseux étant une insulte suprême. De là à ne pas pouvoir m’arrêter, tirer sur la corde et me reposer en cachette, il n’y a donc qu’un pas.
L’autre attitude est celle que quelqu’un qui colle à cette représentation « pas du matin ». Avec toujours cette belle énergie le soir, ne m’endormant jamais au milieu de la journée (la sieste, pour quoi faire ?) et ménageant mes efforts le matin au lever puisque j’étais convaincue que ce n’était pas mon truc. Sauf que…
Je me lève parfois très tôt pour terminer une expertise parce que j’ai remarqué que je m’endormais moins bien quand je réfléchissais trop le soir. Je préfère me lever à 5h et travailler tranquillement dans mon bureau. En voyage, je suis la première à mettre mon réveil super tôt pour profiter au maximum avec un enthousiasme qui fatigue les autres.
Donc oui, j’adore être dans mon lit. Celui qui a inventé le lit douillet mériterait d’être connu. Mais je dors toujours mal, et ce depuis l’enfance. Je me réveille la nuit, je pense à plein de trucs, ma vie nocturne est agitée. « J’ai un mauvais sommeil » est une croyance qui est donc bien tenace chez moi. Jusqu’à la lecture du livre « Quand ? » de M. Breus qui y aborde les chronotypes et met du sens sur mon fonctionnement. Je suis un dauphin, « ces mammifères marins ne dorment que d’une moitié de leur cerveau. L’autre moitié, éveillée et vigilante, se concentre sur la nage et la surveillance d’éventuels prédateurs. Ce nom correspond bien aux insomniaques : des individus intelligents et nécrosés, au sommeil léger et au faible besoin en sommeil ». Je vous passe les détails de l’impact qu’a eu cette lecture sur la représentation que j’ai de mon sommeil et de moi-même ! Je me sens moins seule, j’ose parler de mes insomnies et je réalise que d’autres personnes sont concernées par le même fonctionnement, je comprends les fluctuations de mon niveau d’énergie au cours de la journée et mon sommeil est passé de « mauvais » à « type dauphin ».
Le dernier bastion imprenable de cette croyance limitante restait le sport le matin. Mais quelle idée ! Commencer sa journée en se bougeant, là ce n’est pas pour moi. Jusqu’à récemment où je me suis challengée au CrossFit en faisant le WOD Chad, 1000 box step up, que je ne pensais pas pour moi (voir croyance limitante numéro 73 : « je n’ai pas d’endurance »). Je l’ai fait, bam. A mon rythme mais le challenge est entre moi et moi et ça me suffit. Alors, me suis-je dit, pourquoi pas me lancer un autre défi ? M’inscrire au WOD de 7 heures du matin qui a lieu une semaine sur deux le mercredi. Je me suis inscrite, j’y suis allée, je l’ai terminé, je me suis réinscrite, je l’ai refait, etc. Je n’ai pas encore confiance en moi en la matière, je doute, je stresse un peu la veille à l’idée « d’être fatiguée » (croyance limitante numéro 27 : je suis vite fatiguée). Mais mon estime de moi s’est améliorée, je ne suis pas cette moule qui reste dans son lit jusque 10 heures mais une femme déterminée qui peut encore découvrir plein de choses sur son fonctionnement, avoir une estime de soi améliorée et se fixer de nouveaux objectifs.
Ça ne se fait pas tout seul mais par l’expérience et aussi par l’accompagnement, par la recherche de ressources ou de conversations qui nous font nous décaler des représentations que nous avons de nous-mêmes qui sont souvent trop limitantes, restrictives et enfermantes.
C’est aussi ça que nous faisons chez Bliss, vous lancer – durablement ! – sur la voie d’une version de vous que n’osiez pas imaginer. Alors, n’hésitez pas à nous contacter, nous avons deux programmes pour vous, B. Everything et notre nouveau bébé, B. Confident. A très vite !
Blisskiss
Jess